Excellent article du Huffington Post sur le télétravail

En Île-de-France, 31,9% des actifs ont un temps de transport quotidien de 1 à 2 heures, selon l’observatoire de la santé d’Ile-de-France. Au centre de nos villes, les sièges des entreprises et en périphérie les logements : avec une telle géographie, on le sait, la France est embouteillée. Selon une étude du Centre for Economics and Business Research de 2012, chaque automobiliste passe une moyenne de 47 heures, bloqué dans des embouteillages qui coûtent chaque année pas moins de 5,9 milliards d’euros à l’économie française. 568 millions d’euros sont perdus dans le « carburant gaspillé », 3,5 milliards dans le temps ainsi perdu, et 1,8 milliard se répercutent sur les prix à la consommation. Soit une dépense de 677 € par foyer. N’a-t-on pas autre chose à inventer?

Et si la solution était dans le travail ?

Et si c’était “quand”, et pas “où” ? Aujourd’hui, l’informatique “dans les nuages” permet au salarié du secteur tertiaire de commencer un mail sur son PC au bureau, de le finir et l’envoyer depuis son smartphone en rentrant dans le bus – puis de vérifier, sur son ordinateur personnel et dans le confort de son salon, que son correspondant l’a bien reçu. A l’heure où le “blurring”, ce mélange progressif des activités professionnelles et personnelles lui permet d’organiser ses loisirs sur son lieu de travail et vice-versa, à sa satisfaction dans 79% des cas, la massification des équipements utilisables à distance brouille la notion de “lieu” du travail et de la vie privée, engageant à parler plutôt de “moment » pour chacune des deux vies.

Au fil du développement de ces nouveaux usages, l’organisation du travail se transforme, ainsi que son statut et sa nature même : en 2012, une étude du Ministère de l’Économie évaluait à 12,4 % la proportion de salariés français pratiquant le télétravail plus de huit heures par mois dans les grandes entreprises (1). Une autre étude les évalue à 16,7 %, et compte 40 % d’entreprises du CAC40 disposant d’un Accord de Télétravail. Dans la majorité des cas, les télétravailleurs exercent dans les secteurs de l’informatique, du service aux entreprises, des banques et assurances.

En matière de télétravail, la France est pourtant bien en retard par rapport à ses voisins européens : en Allemagne, aux Pays-Bas, en Finlande ou encore au Danemark, plus de 20 % des salariés le pratiquent. Mais c’est souvent l’épée dans le dos qu’on est contraints d’innover, et à ce titre nos voisins européens offrent d’intéressantes sources d’inspiration. A Amsterdam, la collectivité a ainsi autorisé une partie de ses agents à travailler dans les télécentres de la ville : un moyen de participer à ce nouveau modèle économique à défaut de subventionner.

En la matière, les entreprises ont elles aussi, leur rôle à jouer. Ainsi, chez Microsoft France, en ce lundi 17 mars, en pleine circulation alternée, 60% de nos salariés ont travaillé à distance… et cela n’a en rien perturbé le fonctionnement de l’entreprise. Il faut dire que les mesures que nous avons mises en place participent depuis plusieurs années de cette démarche de facilitation du télétravail : outre des dispositions spéciales dites “de flexibilité” proposées à tous les collaborateurs, un accord de télétravail existe depuis plusieurs années au sein de la division service clients “Customer Services & Support”, qui compte 120 employés. Proposée sur la base du volontariat, la mesure a connu un vif succès : 80% des employés concernés ont souhaité en profiter. Pour ces volontaires, l’entreprise a financé l’aménagement d’un espace de travail à domicile, ainsi qu’une connexion à Internet. Lorsqu’on les interroge sur les bénéfices qu’ils en tirent, ils évoquent à la fois un gain de temps pour travailler, une plus grande productivité, moins de stress et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Il faut dire que rester chez eux leur fait économiser deux heures de transports par jour en moyenne, et toutes les nuisances qui les accompagnent. Dans ce contexte de facilité de travail à distance : le sujet des plaques paires ou impaires leur était donc sacrément étranger !

Si elles représentent seulement 2% de la surface de la planète, les villes sont responsables de 80% de la consommation d’énergie et de 75% des émissions de gaz à effet de serre. En participant d’une meilleure régulation de leur fonctionnement au quotidien, le télétravail pourrait bien être demain la clé de mobilités apaisées et d’un bilan carbone plus neutre, au bénéfice de tous. La technologie, à condition qu’elle soit bien appréhendée dans les entreprises, est disponible, et peut y contribuer, dès maintenant.

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