Tous les Entrepreneurs ne sont pas des Start Upeurs

Le terme « start-up » est à la mode et je constate la surenchère des collectivités (à toutes les échelles : de la Région à la Communauté de Communes en passant bien entendu par les Métropoles…) à disposer de leurs « incubateurs » et bien entendu  »accélérateurs » afin d’espérer révéler dans le tamis LA pierre dont elles espèreront pouvoir tirer LE diamant qui fera briller leur territoire et renforcera la notoriété et donc l’attractivité….

Ah !!! le fameux  » designed by Apple in California« .

Gérés seuls ou en partenariat avec des grands groupes, ces lieux d’expérimentation : Les Labs, parfois assimilés à des espaces de coworking, ne reflètent pourtant pas la réalité de l’entreprenariat en France et plus particulièrement en milieu rural.

Dans les Relais d’Entreprises (pour mémoire exclusivement situés en milieu rural et péri-urbain) nous constatons que les Entrepreneurs qui s’y installent (en plus des télétravailleurs salariés) sont souvent issus de l’économie traditionnelle et n’exercent en rien une activité innovante et encore moins « disruptive »

En fait, l’explosion du nombre d’immatriculation reflète l’évolution de notre société ou plutôt des organisations de nos sociétés qui externalisent de nombreuses fonctions jusqu’alors intégrées (communication, informatique, contrôle de gestion, juridique, Ressources Humaines…).

 » L’emploi est mort ! Vive le travail ! »

Souvent âgés d’une trentaine d’années, ces entrepreneurs ne doivent pas être assimilés à des « chefs d’entreprise » dans la mesure où ils n’ont aucune ambition d’embaucher des collaborateurs et que leur seul objectif c’est de se garantir une rémunération au moins équivalente à celle qu’ils percevaient avant de devenir autonome. Ces derniers rejoignent d’ailleurs de plus en plus les coopératives d’activités comme Impuls-ions afin de garder un statut de salarié en s’évitant ainsi la corvée de la gestion administrative.

C’est la raison pour laquelle j’insiste régulièrement sur la nécessité de proposer un immobilier à usage flexible sans pour autant imposer aux locataires un service d’accompagnement à la création d’entreprise dont chacun sait que le budget pour le salaire de l’animateur n’est plus supportable au regard des moyens et du retour sur investissement pour le territoire.

Moins coûteux et tout aussi efficace et pour les quelques projets jugés innovants sur un territoire rural, il est bien plus judicieux de faire appel à l’expertise de vrais professionnels du développement des entreprises tels que l’agence Visionari. Créée par Pierre Alzingre, ces professionnels du marketing de l’innovation organisent par ailleurs de nombreux événements pour encourager mais aussi rendre lucides des candidats à l’aventure entrepreneuriale qui pensent à tort avoir eu l’idée du siècle.

En résumé, je ne dis pas qu’il ne faut pas innover mais je trouve simplement démesurés les moyens qui y sont consacrés alors que dans un même temps l’accompagnement d’activité plus traditionnelle et notamment en milieu rural aurait un effet de levier sur l’emploi bien plus important.

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